Répartition géographique des Kali’na

Carte indiquant la répartition géographique actuelle de la population Kali’na (anciennement Galibis ou Karib), un peuple autochtone originaire des régions côtières du nord de l’Amérique du Sud. Aujourd’hui, les Kalina vivent en grande partie dans des villages sur les rivières et les côtes du Venezuela, du Guyana, du Suriname, de la Guyane et du Brésil. Ils parlent une langue caribéenne connue sous le nom de Carib. Ils peuvent être liés aux Caraïbes insulaires des Caraïbes, bien que leurs langues ne soient pas liées.

Un chasseur Kali'na avec une cueilleuse de Na'na Kali'na
  • Au Brésil, ils sont surtout localisés à São José dos Galibi, village fondé en 1950 sur la rive droite de l’Oyapock en face de Saint-Georges en Guyane par plusieurs familles venues de la région de la Mana. Il y en a aussi dans la capitale de l’Amapá, Macapá, et dans le Pará, à Belém.
  • En Guyane, ils sont encore très présents sur leur terre d’origine, la région entre le Maroni et la Mana (en particulier les communes d’Awala-Yalimapo la seule où ils sont majoritaires, Saint-Laurent-du-Maroni, Mana et Iracoubo), et au Village amérindien de Kourou ainsi que, en moindre nombre, sur l’île de Cayenne.
  • Au Suriname, ils ont une forte présence sur la rive gauche du Maroni et sur les rives du fleuve Coppename.
  • En Guyana, ils sont situés le long du fleuve Cuyuni, frontalier du Venezuela.
  • Au Venezuela, le pays où ils sont les plus nombreux, on les retrouve dans deux zones distinctes : dans les llanos de la vallée de l’Orénoque, région dans laquelle ils se rendaient autrefois pour se marier et pour faire du commerce, et le long du fleuve Cuyuni ce qui correspond aux États du Sucre, de Bolívar, de Monagas et surtout à celui de l’Anzoátegui, où ils sont concentrés dans la Mesa de Guanipa.
Elèves de la communauté Kali'na de Bigi Poika au Surinam.

La partie de l’Amérique du Sud où vivent les Kali’na est très faiblement peuplée, pourtant cette ethnie est elle-même extrêmement minoritaire dans tous les pays où elle est établie bien que localement elle soit majoritaire dans certaines zones très reculées. Leur répartition actuelle ne constitue qu’un reliquat de leur zone d’expansion à l’époque précolombienne.

Certains Kali’na continuent à vivre de leurs activités traditionnelles dans le cadre d’une économie de subsistance. Ainsi, ils pratiquent la chasse, la pêche, la cueillette et une agriculture vivrière sur brûlis comme le faisaient leurs ancêtres. Néanmoins, une partie d’entre eux est intégrée dans les secteurs primaire et secondaire des économies de leurs pays respectifs, occupant le plus souvent des emplois non qualifiés. Les Kali’na du Venezuela vivant dans les llanos de l’Orénoque travaillent souvent dans le secteur pétrolier, principal employeur de la région, tandis que ceux de Guyana effectuent des tâches de bûcheronnage et sont parfois orpailleurs.

En Guyane française, ils ont participé à la construction du centre spatial guyanais à proximité de Kourou. Globalement cette ethnie vit donc en marge du monde moderne, cependant des signes de changement sont par endroits observables. Ainsi, le groupe des Kali’na français dont certains membres ont pu accéder à l’enseignement secondaire dès les années 1960 constituent le fer de lance de la Fédération des organisations amérindiennes de Guyane qui lutte pour la reconnaissance des droits des amérindiens guyanais.

Malgré leur dispersion géographique les Kali’na maintiennent des contacts entre eux, ainsi en 2006 a eu lieu une rencontre culturelle entre Kali’na du Venezuela et de Guyane française séparés par une distance de plus d’un millier de kilomètres.

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