Carte hydrographique de la Charente-Maritime

Le réseau hydrographique ;

Quatre fleuves tributaires de l’océan Atlantique arrosent le département du nord au sud et suivent tous une orientation S.E. – N.O. se configurant au schéma général de la tectonique géographique en place.

Le cours de la Charente, face à l'île d'Oléron et à l'île Madame.

Tout au nord de la Charente-Maritime, la Sèvre niortaise, en bordure du département de la Vendée, sert de délimitation naturelle entre ces deux départements dans une longue portion de son tracé. Ce fleuve côtier se jette dans la Baie de l’Aiguillon, anse étroite qui débouche sur le Pertuis Breton. Son estuaire est dédoublé par un canal de dérivation, le canal maritime de Marans à la mer, qui dessert le port de plaisance de Marans, petite ville fluviale qui s’est développée grâce au fleuve tandis qu’à son embouchure, le port mytilicole de Charron se trouve au milieu de la première région de production de moules de France. Le Mignon qui est le plus long affluent de rive gauche de la Sèvre niortaise a sa source en Charente-Maritime.

Au centre, la Charente, qui donne en partie son nom au département, est le plus long émissaire écoulant ses eaux sur environ une centaine de kilomètres en Charente-Maritime. Son cours inférieur, déclassé depuis 1926, dont la marée se fait encore ressentir jusqu’à Saintes ne compte que deux écluses dont celle de Saint-Savinien où elle sert aussi de barrage. La basse vallée où commence l’estuaire à Tonnay-Charente est toujours navigable et peut recevoir des navires de plus de 10 000 tonnes de port en lourd. Un trafic fluvial de près d’un million de tonnes alimente les deux port de Tonnay-Charente et de Rochefort. L’estuaire du fleuve se termine par une belle embouchure que cernent deux petites îles; au sud, l’Île Madame, au nord, l’île d’Aix, prolongement naturel de la pointe de la Fumée au sud de laquelle s’égrène la jolie station balnéaire de Fouras. Les affluents de la Charente – dans le département de la Charente-Maritime – sont d’amont en aval sur sa rive droite, l’Antenne, le Coran, le Bramerit, la Boutonne et la Gères, et sur sa rive gauche, le Né, la Seugne et l’Arnoult. La Boutonne est le plus long affluent de rive droite de la Charente sur tout son parcours tandis que la Seugne, parfois appelée localement la Sévigne, est le plus long affluent de rive gauche dans le département.

La Boutonne arrose le village de Dampierre-sur-Boutonne.

Au sud-ouest, la Seudre qui passe pour être le plus petit fleuve côtier de France avec ses 80 kilomètres de long se termine par un estuaire qui est un véritable bras de mer lors des hautes marées. Fleuve essentiel par son apport en eau douce, il écoule ses eaux dans le plus grand bassin ostréicole de France. Trois villes sont nées avec ce fleuve et lui doivent en grande partie leur histoire et leur développement, Saujon au fond de son estuaire, Marennes sur la rive droite, et La Tremblade sur la rive gauche.

Au sud, la Gironde qui est l’estuaire de la Garonne, marque la limite avec le département de la Gironde. Elle est le plus vaste estuaire de l’Europe et bénéficie à ce titre d’une protection au sein du réseau Natura 2000. Sur sa rive droite sur laquelle se trouve la Charente-Maritime, la Gironde est jalonnée de nombreux sites naturels comme les marais, les côtes à falaises et les longues plages de sable, à l’origine desquelles Royan doit son essor remarquable.

À ceux-ci, il convient de nommer un autre cours d’eau qui est fort peu connu mais qui joue un rôle non négligeable dans la géographie de l’Aunis; ce dernier est le petit fleuve côtier du Curé qui prend sa source dans le département et dont le cours inférieur est connu sous le nom de canal du Curé.

L'embouchure de la Gironde à Saint-Georges-de-Didonne.

Enfin, un autre cours d’eau d’importance doit être mentionné, même si son parcours en Charente-Maritime est plutôt dérisoire. Il s’agit de la Dronne qui est un affluent de rive droite de l’Isle, ce dernier étant également un affluent de rive droite de la Dordogne. La Dronne qui arrose Saint-Aigulin, tout au sud du département, sert de limite naturelle avec le département voisin de la Dordogne sur 17 kilomètres en amont et en aval de Saint-Aigulin. Au pont sur la rivière, qui unit Saint-Aigulin à la petite ville voisine de La Roche-Chalais, passe le Méridien de Greenwich.

Le réseau des canaux ;

En raison de l’importance des marais côtiers qui occupent le cinquième de l’espace départemental, de nombreux canaux ont été construits, les uns pour le drainage, les autres pour l’irrigation. Mais des canaux plus importants, notamment ceux de jonction et de dérivation, ont été spécifiquement aménagés pour le transport des productions locales à partir des Temps Modernes, mais surtout dès la seconde moitié du xixe siècle. Connectés aux fleuves principaux que sont la Charente, la Sèvre niortaise et la Seudre, ils ont connu une intense activité de batellerie avant d’être sévèrement concurrencés par le chemin de fer, puis déclassés à partir de 1926.

Canal de Marans à La Rochelle en Charente-Maritime.

Le département compte ainsi plusieurs canaux de navigation, dont les plus nombreux sont établis au nord de la Charente-Maritime, précisément entre La Rochelle et Marans, dans le Marais poitevin où, au moins, quatre d’entre eux doivent être mentionnés.

Le canal de Marans à La Rochelle ou canal de Rompsay est le deuxième ouvrage de ce genre en Charente-Maritime par la longueur de son tracé et l’un des plus anciens quant à sa réalisation. Ce canal de jonction qui relie le port fluvial de Marans au célèbre site du Vieux-Port de La Rochelle a été rapidement concurrencé par la ligne ferroviaire Nantes – La Rochelle et son trafic de marchandises n’a jamais été important dès sa mise en exploitation. Aujourd’hui, des projets d’aménagement touristique et de mise en valeur sont programmés pour réactiver son utilisation.

Écluses d'Andilly.

Le canal maritime de Marans à la mer, appelé également canal maritime du Brault, est le plus récent des ouvrages puisque sa réalisation a eu lieu vers la fin du xixe siècle. Il s’agit avant tout d’un canal de dérivation. Malgré sa faible longueur, ce canal a à peine dix kilomètres de long, il demeure le plus important car il est le seul à ne pas être déclassé, servant encore pour la navigation non plus des cargos mais des bateaux de plaisance où Marans a fait aménager ses anciens bassins à flot en port de plaisance.

Le canal du Curé, dont le cours inférieur a été canalisé à la fin du xviiie siècle, croise le canal de Marans à La Rochelle au site remarquable des écluses d’Andilly. Il est le troisième canal par sa longueur en Charente-Maritime. Il a eu une existence très brève pour le trafic de marchandises; aujourd’hui, il sert davantage de canal d’écoulement et de régulation des eaux.

Canal de la Charente à la Seudre.

Enfin, il convient de mentionner le canal du Mignon, situé également en partie sur le département des Deux-Sèvres, dans le nord-est de la Charente-Maritime. Celui-ci, comme le canal du Curé, correspond à la canalisation du cours aval du Mignon qui est le plus long affluent de rive gauche de la Sèvre niortaise. Canalisé dans la seconde moitié du xixe siècle, il a connu une faible utilisation comme moyen de transport des marchandises; le trafic a totalement périclité à la suite de son déclassement.

Le centre-ouest de la Charente-Maritime est occupé par les vastes marais de Rochefort et de Brouage que sépare l’estuaire de la Charente. Ce dernier est relié par un important réseau de canaux collecteurs dont ceux de Charras et de Genouillé au nord, sur sa rive droite, et de Pont-l’Abbé au sud, sur sa rive gauche, mais le principal est le canal de la Charente à la Seudre ou canal de la Bridoire. Mis en service en 1862, le canal de la Bridoire, lui-même raccordé au canal de Brouage, est le plus long canal de jonction du département reliant deux fleuves, la Charente sur sa rive gauche, et la Seudre, sur sa rive droite. À l’instar du canal de Marans à La Rochelle, il a subi une vive concurrence de la voie ferrée dont une partie du tracé le longe pendant plus d’une quinzaine de kilomètres. Cependant, il a joué un rôle économique beaucoup plus important que le canal de Marans à La Rochelle et aurait pu faire l’objet d’aménagements plus importants. Il a contribué notamment à désenclaver Marennes avant que cette petite ville ne soit reliée au chemin de fer en 1889. Déclassé en 1926, ce canal de jonction est surtout valorisé aujourd’hui à des fins touristiques et de loisirs.

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